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IUFM : la réorganisation de la formation se prépare

vendredi 21 avril 2006

Depuis que la Loi Fillon a programmé la réforme de la formation, en annonçant notamment l’intégration des IUFM dans les Universités, les IUFM sont en attente de précisions.

G. De Robien s’est exprimé à plusieurs reprises sur la formation initiale (à l’occasion de la circulaire sur la lecture ou encore à propos des ZEP), marquant sa volonté de réforme des IUFM.

La CDIUFM a, de son côté, produit des documents rendus publics au cours des derniers mois : cahier des charges de la formation, propositions pour une bonne intégration. De son côté, le Ministère a passé commande d’un projet de cahier des charges à un groupe de travail, la commission Pietryck, du nom de son responsable. Ce document, finalisé depuis quelques semaines, n’a pas été officiellement communiqué aux organisations syndicales. Différentes versions sont en circulation. Ce document doit maintenant servir au cabinet du Ministre et au HCE (lequel a dû commencer ses travaux sur le sujet la semaine dernière) afin de définir un cahier des charges pour les IUFM.

Reçu à plusieurs reprises au Ministère par JL Nembrini d’une part, et à la DES (Direction de l’Enseignement Supérieur) d’autre part, le SNUipp n’a pas alors reçu d’informations précises sur les projets en cours. Une fois de plus, le Ministère n’a pas cru bon d’organiser la consultation en amont avec les organisations syndicales.

C’est dans ce contexte qu’arrive, ce mardi 4 avril, un courrier du Directeur de Cabinet, Monsieur Gérard concernant les intentions du Ministère à propos des PE2 (cf. document PDF - courrier de M. P. Gérard). Il s’agit de « mieux organiser la formation initiale des futurs professeurs des Ecoles dès la rentrée 2006 », en renforçant « la formation pratique qui prépare au métier ». Pour cela l’organisation et la durée des stages en responsabilité sont revues : « un stage continu d’un jour tout au long de l’année dans une classe remplacera l’un des trois stages de trois semaines complètes dans une classe ».

Cette proposition s’appuie, pour le Ministère, sur des témoignages de titulaires et stagiaires qui « ne se sentaient pas suffisamment préparés à conduire la classe ». Un groupe de travail doit étudier les aspects pédagogiques et organisationnels, et prévoir l’adaptation de la circulaire de 2002 (définissant le cadrage de la formation).

Par ailleurs, les discussions en cours sur la direction d’école prévoient le remplacement des directions 4 classes par des PE2. Le courrier au directeur de cabinet confirme que la nouvelle réorganisation de la formation s’effectuerait indépendamment du dossier direction d’école. Si le dossier direction d’école aboutissait, les stages filés s’effectueraient prioritairement sur les décharges de direction. Dans le cas contraire, ils auraient lieu sur d’autres remplacements.

Cette proposition entraîne une modification importante de la formation initiale : la durée du stage en responsabilité est très sensiblement augmentée, passant de 9 à 13, 5 semaines en PE2. Pour conserver le volume horaire de formation (actuellement de 450 heures), c’est sur les autres stages que s’opère le transfert : le stage de pratique accompagnée et celui en collège disparaissent de la PE2. Le premier se déroulerait en PE1, le second en T1.

L’organisation d’une partie du stage en responsabilité sous forme de stage filé a déjà été expérimentée dans certains IUFM et amène à poser un certain nombre de questions :
- Réorganisation théorie/pratique : quel suivi des PE2 ?
- Quel accompagnement ce dispositif suppose-t-il ?
- Sur l’organisation de la formation : la formation ne risque-t-elle pas de répondre essentiellement aux préoccupations des stagiaires dans la gestion de ce temps partiel, et non de viser plus largement des objectifs à long terme ? Les disciplines assurées par le stagiaire seront forcément restreintes par l’organisation imposée : quelles compétences le stagiaire développera-t-il dans les autres domaines ?
- Sur le suivi de ces stages : quel serait le rôle des formateurs (et notamment des IPEMF) et de celui des équipes des écoles de lieu de stage (dont celui du directeur) ?
- Sur la préparation des premières semaines : sans aucune formation à la rentrée, quel sens auraient ces premières expériences professionnelles pour les stagiaires ?

Le Ministère mise sur l’intérêt de suivre au cours de l’année le fonctionnement d’une école. Pour l’instant, nous n’avons aucune garantie quant à la qualité du suivi et de l’accompagnement envisagé.

Rappel des mandats et des réflexions du SNUipp (congrès Seignosse) : « le SNUipp rappelle son attachement au stage de pratique accompagnée dont la durée a été diminuée ces dernières années. Par ailleurs dans le cadre de la formation théorique de la PE2, toute forme de lien avec le terrain doit être explorée ». « Pour le SNUipp, une présence accrue sur le terrain ne peut, seule, garantir une formation professionnelle de qualité ».

L’avis des stagiaires et des formateurs est aujourd’hui nécessaire, il est important de les informer rapidement des propositions contenues dans la lettre, et de faire remonter leurs opinions sur ces dispositions.

P.-S.

Courrier du SNUipp à M. J.-L. Nembrini, Conseiller Pédagogique au Cabinet duMinistère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Monsieur,

Enseigner à l’école primaire c’est maîtriser des savoirs disciplinaires dans un contexte spécifique qui est celui de la polyvalence de l’enseignant du premier degré. Pourtant, la seule maîtrise des savoirs disciplinaires ne garantie pas à elle seule, la capacité à enseigner. La façon dont les élèves s’approprient les savoirs, les dispositifs pédagogiques, la didactique sont des pans de la formation d métier que nul ne peut ignorer.

Aujourd’hui, les épreuves du concours de professeur des écoles ne consistent pas uniquement à vérifier la maîtrise des savoirs scolaires, elles interrogent aussi les connaissances didactique et pédagogique des candidats. C’est un aspect positif. Le SNUipp considère qu’il faut conserver cette spécificité du concours des enseignants de l’école primaire. Par contre, les capacités d’accueil des étudiants en première année d’IUFM sont trop faibles. Puisque ce métier suscite des vocations, donnons les moyens aux IUFM d’élargir le vivier des futurs enseignants des écoles.

C’est le désir d’être au contact avec les élèves qui a été déterminant pour 66% des enseignants débutants (sondage SNUipp mai 2004). Le contact avec le réel de la classe est donc l’objet d’une recherche permanente chez les jeunes en formation. Même si l’on peut tous faire le constat que les IUFM, dont l’aspect universitaire reste à confirmer, sont lacunaires dans cet aller retour entre le terrain et la formation, la réponse aux difficultés ne peut être d’augmenter toujours plus le temps passé en stage. Ne pas réduire la formation à une « formation sur le tas » est essentiel. Comprendre les situations d’apprentissage, s’approprier certains gestes professionnels, observer les attitudes des élèves face au travail, réguler progressivement son action induit un vrai travail de formation. La réflexion sur la formation doit se poursuivre sur l’articulation théorie/pratique.

Aujourd’hui, la deuxième année de formation s’est considérablement alourdie. Les contenus de formation ne suffisent pas à balayer le champ des connaissances professionnelles indispensables. Cette situation génère de nombreuses frustrations. A titre d’exemple, 100 heures sont consacrées à la maîtrise de la langue sur une année de formation. C’est bien peu au regard des nombreuses questions que recouvre le domaine de la langue parlée et écrite. Etre initié à la littérature de jeunesse, aux différentes questions de l’apprentissage de la lecture, aux questions du lexique, la grammaire et l’orthographe, à des notions essentielles à la formation des citoyens mérite de prendre du temps.

A cet égard, l’apport de l’expertise professionnelle des maîtres formateurs est précieux. Leur accompagnement auprès des Professeurs des écoles stagiaires est tout particulièrement apprécié. Il convient de les associer avec plus de densité au travail de formation afin qu’ils prennent une place plus importante au sein des équipes des instituts de formation des maîtres. Plus que jamais la question d’une première année de titulaire en alternance se pose pour poursuivre cette formation.

Enseigner à l’école primaire suppose d’être polyvalent. On ne s’interroge pas suffisamment sur son effectivité. Les évolutions ont été nombreuses ces dernières années et les savoirs à transmettre se sont diversifiés. L’introduction de l’informatique, de la littérature de jeunesse, des langues vivantes nécessite que l’on repense l’organisation et le fonctionnement des équipes pédagogiques. Le SNUipp propose une réflexion autour de l’idée d’une polyvalence d’équipe. Les enseignants pourraient choisir d’approfondir un champ disciplinaire en formation initiale et constituer ainsi un atout, une référence spécifique au sein d’une équipe. Mais cet approfondissement nécessite qu’il soit prolongé en formation continue. Il ne s’agit pas de transformer les professeurs des écoles en professeurs de collèges mais d’accroître les compétences professionnelles des équipes.

Depuis 2002, des dominantes de formation ont été mises en place dans les IUFM, mais cette expérience n’a été suivie d’aucun bilan. Le SNUipp réitère sa demande que ce bilan soit effectué.

Exercer dans une école primaire requiert également une formation au travail en équipe. Même si notre métier a beaucoup évolué, l’exercice solitaire du métier est encore trop répandu. Nous voulons que les IUFM soient en capacité de former les jeunes enseignants à l’élaboration collective.

La seconde année de formation - seconde pour seulement 60% des stagiaires qui ont suivi une première année au sein de ces mêmes IUFM - ne suffit donc pas. Le SNUipp propose de développer l’accompagnement pour aller vers une entrée plus progressive dans le métier. C’est une condition essentielle à une plus grande maîtrise des gestes professionnels.

L’alternance est un modèle intéressant, mais il ne se résume pas à une bonne dose de terrain. Il consiste à mieux articuler la théorie et la pratique. La première année d’exercice doit donc s’effectuer avec des retours en formation afin de permettre aux jeunes enseignants d’examiner et réguler leurs dispositifs pédagogiques.

La recherche en éducation est un élément incontournable pour la formation et l’évolution des pratiques. Les enseignants doivent pouvoir partager les avancées des savoirs en formation initiale et continue. Cela doit être une préoccupation que l’institution doit prendre en compte. L’intégration des IUFM doit répondre à ces ambitions, elle ne peut se réduire à un changement institutionnel.

Au moment où l’harmonisation européenne est à l’ordre du jour, nous voulons que la formation soit reconnue par un master. Nous partageons l’idée qu’il faut permettre une meilleure mobilité des enseignants. C’est aussi rendre accessible une formation diplômante aux enseignants en permettant notamment l’accès à la recherche en éducation.

Enfin, nous avons la conviction que les enseignants des écoles peuvent être bien mieux formés dans les IUFM. Encore faut-il envisager les évolutions en permettant aux futurs enseignants de s’approprier progressivement toutes les compétences nécessaires.

L’école que nous voulons est une école de la réussite de tous. Nous devons impérativement nous inscrire dans une étape qualitative pour la formation des maîtres. C’est impératif pour tous les jeunes qui ont choisi la voie de l’enseignement. C’est impératif pour les élèves qui seront les premiers bénéficiaires de ce souffle apporté à la formation initiale et continue.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments respectueux.

Gilles MOINDROT

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