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carte scolaire : faut-il la supprimer ?

mardi 3 octobre 2006

ÉTAT DES LIEUX

Le découpage du territoire en zone de recrutements, appelé carte scolaire et créé en 1963, est avant tout un droit donné à chaque parent de pouvoir scolariser leurs enfants dans l’établissement du secteur géographique de son domicile. La définition de ces zones de recrutement est faite par l’État pour les lycées, par le conseil général pour les collèges et par les conseils municipaux pour le 1er degré( ainsi que pour les possibles dérogations). Ce droit est associé à l’obligation pour les parents de scolariser leur enfant dans l’établissement de leur secteur.

UN DÉBAT INSTRUMENTALISÉ

Des possibilités de dérogation, parfois légitimes, permettent de contourner la carte scolaire et ainsi éviter la scolarisation de ses enfants dans le secteur. Ces nombreux contournements largement acceptés, par endroit, encouragent une démarche consumériste et aggravent la ghettoïsation de certains établissements.

Campagne présidentielle oblige, avec son corollaire d’effets d’annonces, des personnalités politiques se sont récemment exprimées pour remettre en cause ou « aménager » le principe même de la carte scolaire : « L’idéal serait de supprimer la carte scolaire (...) ou tout le moins de desserrer ses contraintes » (Ségolène Royal) ; « On peut imaginer dans les grands lycées parisiens un système de quotas (...) d’élèves en difficultés ou issus de milieux défavorisés » (Xavier Darcos) ; « J’ai déjà assoupli la carte scolaire (...) 27 élèves de ZEP ayant eu la mention “ très bien” au brevet des collèges ont pu déroger à la carte scolaire » (Gilles de Robien). N. Sarkozy qualifie la carte scolaire « de privilèges pour les uns, de fatalité pour les autres ».

ALORS, CETTE CARTE SCOLAIRE ?...

Remettre en cause la carte scolaire, en prétendant donner le choix aux familles, revient, en réalité, à permettre à certains établissements de sélectionner leurs élèves. C’est aussi aggraver la ghettoïsation de certains établissements, que la carte scolaire aujourd’hui ne corrige pas suffisamment. Quant à offrir aux meilleurs élèves des zones difficiles l’accès à d’autres établissements, cela conduit à construire un système éducatif à plusieurs vitesses. La ghettoïsation de certains établissements trouve moins sa source dans l’école que dans des politiques urbaines qui, en matière de logement, créent et accentuent les ghettos sociaux. La disparition de la carte scolaire ou même son assouplissement conduira à la mise en concurrence des établissements.

Le SNUipp est donc contre la suppression ou l’assouplissement de la carte scolaire.

PROPOSITIONS ?

Le système éducatif doit jouer son rôle en matière de mixité sociale et d’égalité face à l’éducation :
- par la mise en place d’une véritable politique sociale et d’aménagement du territoire, afin d’éviter la constitution de ghettos de familles défavorisées et de « casser » ceux qui existent ( Il serait déjà bon de faire respecter par chaque commune le minimum des 20 % de logements sociaux) ;
- en améliorant les conditions d’enseignement et de vie dans les établissements des quartiers difficiles en attribuant à ces établissements des moyens supplémentaires importants ;
- par un redécoupage des zones de la carte scolaire dans certains secteurs, la carte actuelle jouant parfois le rôle de ghettoïsation qu’elle est censée corriger ;
- en accordant aux établissements des moyens, en particulier en personnels, non plus fondés sur le nombre d’élèves scolarisés dans l’établissement mais fondés sur le nombre d’élèves scolarisables du secteur de recrutement.

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