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concours premier degré et formation initiale : quelles modifications ?

lundi 25 février 2019

Les ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche ont présenté mercredi 20 février le rapport Ronzeau – St Girons intitulé « Quelles évolutions pour les concours de recrutement des enseignants ? ».

Ils ont surtout profité de cette réunion pour faire des annonces relatives à l’organisation générale de la formation initiale des futurs enseignants, la principale étant le placement du concours en fin de M2.

De leur côté les rapporteurs ont fait une présentation rapide et très générale sans entrer dans les détails de leur réflexion, notamment ceux concernant le 1er degré. Sans doute pour ne pas se retrouver en porte-à faux avec les commanditaires du rapport qui en ont visiblement fait, eux, une lecture sélective.

Ronzeau et St Girons souhaitent mettre en cohérence place du concours et déroulé de la formation dans la cadre d’une formation plus professionnalisante (« donner des outils qui permettent de faire face ») avec une refonte des épreuves et de leur nature pour permettre une validation progressive des pratiques professionnelles et donc un concours moins « académique », le tout assorti d’une modification de la composition du jury.

Après un détour de la ministre de l’enseignement justifiant la révision des contenus de la formation et du format du concours par le fait qu’enseigner est avant tout un métier de passion et de vocation, le ministre de l’éducation nationale a présenté le calendrier des discussions à venir (voir ci-dessous) et défini quelques invariants de la nouvelle architecture comme la confirmation de la mastérisation, le caractère universitaire de la formation, l’absence de décrochage entre le 1er et le 2d degré et le maintien de la diversité des profils (entrée dans le métier possible avec d’autres masters que MEEF).

L’objectif de la préprofessionnalisation est présenté comme un axe fort du dispositif : « pré-recrutements » dès la L2 qui consistent, en réalité, à mettre en responsabilité 8h par semaine, des étudiant-es qui pourraient se voir confier des missions de remplacement de professeur-es titulaires.

Le ministère disposerait ainsi d’un vivier de remplaçant-es à bas coût. Organiser une journée de classe fait l’objet d’un travail construit : chaque séquence, chaque séance, correspond à un objectif précis, décliné par des activités pédagogiques réfléchies, progressives et de surcroît adaptées aux besoins des élèves. Ce métier exige des gestes professionnels qui s’apprennent. Pour le SNUipp-FSU, seuls des fonctionnaires stagiaires peuvent assurer des responsabilités de classe sans dépasser un tiers temps.

De plus, ces étudiant-es verront leur formation universitaire amputée car on peut douter de la bonne articulation entre ce travail et les emplois du temps universitaires. Le risque d’échec aux études et au concours s’en trouvera ainsi accru. Sans retour réflexif sur la pratique, faisant le lien entre théorie et pratique, ce dispositif réduira la formation à un mimétisme des gestes professionnels, niant le fait que les enseignant-es doivent être concepteur-trices de leur métier pour être capables d’adapter leur enseignement à chaque situation de classe et d’élèves.

Un arrêté cadre fixera la ventilation des volumes de formation entre savoirs fondamentaux, recherche et choix particuliers des futurs INSPE s’appuyant contexte territorial, les premiers occupant plus de la moitié du volume de formation.

Un tiers de la formation sera effectuée par des « praticiens », un appel « au terrain » plusieurs fois évoqué en cours de réunion et qui renvoie au « pragmatisme ministériel » concernant les méthodes et les pratiques énoncé dans la formule « il faut donner des outils pour faire face à la classe ». Une conception très utilitariste de la formation…

Nous avons regretté le dévoilement d’un projet au compte-goutte, de manière désordonnée empêchant d’avoir une véritable vue d’ensemble. Nous avons rappelé que pour nous enseigner est un métier qui s’apprend, de manière progressive dans le cadre d’un continuum de formation au service de la démocratisation de la réussite scolaire et de la lutte contre les inégalités. La mise sur le terrain ne se suffit pas à elle-même, à fortiori dans une optique de compagnonnage et inappropriée lorsqu’il s’agit de remplacer des enseignants.

Au-delà de nos désaccords avec les annonces ministérielles, nous avons rappelé avec fermeté un certain nombre de zones d’ombre dans le projet comme l’absence d’informations sur le statut des formés (particulièrement en M2) (étudiant ? en alternance et préparant un concours...), la formation post-master en tant que stagiaire, les parcours de formation, les contenus, pourquoi de « nouveaux jurys », quelle formation pour les tuteurs, quelle place de la recherche, comment est abordée la polyvalence... Quel sera le devenir des titulaires du master MEEF qui échoueront au concours ? Le SNUipp-FSU craint l’éventualité de la création d’un vivier de futur-es contractuel-les.

Nous nous sommes montrés plus que perplexes sur l’assurance de voir un renforcement de la qualité de la formation et sur les réponses qui seraient ainsi apportées au manque d’attractivité du métier.

Il ne s’agit pas de former des enseignants à bas coût et au pas de course pour qu’ils soient vite dans les classes, il s’agit de fournir aux étudiants tous les outils de connaissance, de savoirs, de compétences, de gestes professionnels, d’analyse de pratique pour leur permettre d’adapter les apprentissages aux besoins de leurs élèves. Cela ne peut se résumer à des recettes, à des conditionnements et aux savoirs fondamentaux. Cela suppose de croiser toute la recherche et de mettre en œuvre une réelle alternance avec des stages progressifs : observation, pratique accompagnée, stage en responsabilité.

Le calendrier : Début mars 2019 :
-  Concertation sur le format des concours (référentiels validés en septembre mais pas mis en œuvre tout de suite)
-  Concertations sur master en alternance, temps, type d’activités, …
-  Objectif cible d’un concours rénové en 2022 (« pas de schéma de profession réglementée, diversité des parcours mais voie MEEF serait la « voie d’excellence »
-  Articulation avec la formation continue Sept 2019 : entrée en vigueur de la loi ; 1500 étudiants en pré-pro Fev 2020 : publications des contenus de concours Sept 2020 :
- 3000 étudiants recrutés pré-pro avec montée en charge dans les années futures
- maquettes adaptées au nouveau positionnement du concours Sept 2021 :
-  MEEF 2 rénové
-  recrutements de 3000 pré-pro
-  définition de la composition des jurys

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