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Sanctions aux directeurs d’écoles de l’Indre

Paroles de députés et témoignages de collègues sanctionnés

mardi 10 avril 2007

En février et mars, le SNUipp a rencontré les députés Hugon et Chanteguet, pour leur exposer la situation. Tous deux ont manifesté leur désaccord et soutiennent l’action de nos collègues. Ils demandent l’annulation de la sanction et la reprise de véritables négociations basées sur les revendications de la majorité des directeurs. Ils l’ont fait savoir au ministre de Robien par courrier.

Lettre de Jean-Hyves Hugon, Député UMP de l’Indre Au ministre de l’Education Nationale Gilles de Robien :

Châteauroux, le 26 février 2007

Monsieur le Ministre,

Je viens de rencontrer une délégation du syndicat national unitaire des instituteurs, profeseurs d’école et Pegc, venue m’exposer les difficultés que rencontrent les directeurs d’école confrontés à la complexité de leur métier.
Les négociations conduites jusqu’alors n’ont pas permis d’arriver à une solution globale des difficultés dénoncées, les accords obtenus ayant été conclus avec un syndicat minoritaire. Dès lors, une reprise d’un dialogue confiant et constructif me paraît aujourd’hui nécessaire.
C’est pourquoi je vous demande de prendre en compte cette situation et notamment les retenues de salaire, qui, à l’échelle des directrices et directeurs engagés dans l’action, représentent pour eux des sommes importantes. Vous trouverez ci-joint copie de la correspondance qu’ils m’ont faite parvenir.
Je vous remercie de l’intérêt que vous réserverez à la présente et de ce que vous voudrez bien faire pour initier et faciliter la recherche de solutions acceptables par tous.
Jean-Yves Hugon

Témoignages de collègues sanctionnés

Jean Annequin, Pouligny Notre Dame

Après le 1/30 de retenue de salaire en janvier pour la grève de septembre et en attendant un autre 1/30 pour la grève de février, est apparue sur ma feuille de paye une nouveauté : le 1/30 en moins pour « service non fait en décembre 2006 » sanctionnant en apparence– sans courrier administratif le précisant, il faut le deviner !- le non-renvoi de l’enquête 19 et l’ « entêtement » d’une douzaine de directeurs et directrices à poursuivre la grève administrative. Même si notre nombre est réduit, nous connaissons le soutien moral et matériel exprimé par de nombreux collègues et la justesse de notre obstination. Pour un « service non fait » qui lui a été bel et bien effectué avec tout le sérieux nécessaire preuve à l’appui, combien de « services non faits » de la part de l’administration de l’Education nationale coupable de fautes professionnelles à répétition, par exemple quand elle n’assure pas la continuité du service qui lui incombe en ne remplaçant pas mettant en outre la sécurité des élèves en jeu, quand elle n’assure pas le suivi médical de son personnel pourtant au contact d’enfants, quand elle n’assure pas le financement prévu des aides pédagogiques qui est de son devoir ! « Entêtement » disais-je : plutôt simple envie de fabriquer un avenir où les meilleures conditions d’exercice de la fonction de direction seront réellement pérennisées au sein d’une équipe pédagogique unie, contribuant ainsi à la réussite de tous les élèves. Combat d’arrière-garde ? A peu d’années de la retraite, la simple évidence que tout cautionnement d’une nouvelle régression serait vraiment et encore plus insupportable.

Colette Fernique, maternelle Rollinat Argenton

Directrice d’une école maternelle de trois classes, donc sans décharge, je suis bien sûr très choquée de ce que je vis comme une sanction, n’en déplaise à notre ministre. Je croyais naïvement que ma fonction, mal rémunérée, mal aidée, restait intéressante parce qu’elle me permettait d’être un maillon central des relations dans l’école. Le message qui m’est adressé me semble clair : sans égard pour mes responsabilités, l’énergie mise dans les relations aux parents, aux partenaires, etc..., la masse horaire de ma fonction, le stress inhérent, ma hiérarchie me signifie qu’en fait je ne suis qu’un pion, une sorte de boîte aux lettres qui doit fonctionner qu’elle le veuille ou non.
Qu’on m’explique avant tout comment une consigne syndicale suivie depuis des années sans aucune sanction devient soudain illégale... Qu’on m’explique comment l’administration qui ne remplace pas les absences peut considérer son propre service comme fait !...
Qu’on m’explique comment faire respecter l’école si elle-même ne respecte pas ses agents !…

Cécile Trotignon, primaire 3 classes RPI Rosnay/Migné

C’est le travail de directeur qui est sanctionné. Considérer cette action comme un jour de grève, c’est nier le reste du travail quotidien lié à la classe mais aussi à la direction. C’est faire bien peu cas de tout ce temps consacré à l’appropriation du logiciel base élève cette année, temps personnel que j’ai pourtant consenti à donner à l’administration. Cela fait six ans que je suis en poste, je suis en grève administrative et on ne m’a jamais demandé quoi que ce soit, et puis d’un coup, l’administration s’excite ! Alors que dans les faits, pour moi, avec trois classes, rien n’a changé (ou si peu).

Judith Babot, Sauzelle

Directrice d’une école à une classe, j’ai rempli l’enquête 19 de cette année mais l’ai conservée dans mon école, le travail est fait, mais non transmis. Il est évident que l’aller-retour de l’école à la boîte aux lettres ne m’a pas pris 1/30ème de mon temps de travail. Par contre, j’ai fait cette grève en toute conscience et il ne me paraît pas illogique qu’une grève soit suivie d’un retrait sur salaire...

Christelle Valentin, primaire 4 classes Montgivray

Je considère cette retenue de salaire particulièrement injuste : sur mon bulletin de paye de février il est stipulé "journée d’absence non rémunérée", or à aucun moment je n’ai été absente, j’ai toujours accompli ma mission de directrice en recevant les familles, en travaillant sereinement avec la mairie, en participant aux réunions consacrées aux élèves. Malgré ce sentiment de "vol", je suis prête à continuer pour une véritable amélioration de la fonction.

Bérangère Buisson,maternelle Châtillon Je trouve inadmissible que l’on me retire non pas de l’argent pour grève, mais que l’on ampute mon salaire de professeur pour un "travail non rendu" lié à la direction ! Même pas non fait, simplement non-rendu ! Je trouve inadmissible que l’on recourt au chantage : si vous envoyez l’enquête, je ne vous retirerez rien sur votre salaire ! Je trouve inadmissible que l’on me punisse d’oser affirmer mes convictions : nous ne sommes pas satisfaits des conditions des lesquelles nous exerçons notre tâche de direction, donc nous faisons grève afin de faire comprendre notre volonté de changement, c’est notre droit !

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