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LES NOUVEAUX INSTITS article du monde de l’éducation

mercredi 16 janvier 2008

Les nouveaux instits

Mal payés, critiqués par le Haut Conseil de l’éducation et certains parents d’élèves pour résultats insuffisants, les professeurs des écoles s’estiment injustement dévalorisés. D’autant qu’ils n’ont jamais été aussi diplômés et que la charge de travail n’a jamais autant empiété sur leur vie privée. Mais il en faudrait beaucoup plus pour décourager une profession à 80 % constituée de femmes, et où les candidats ont parfois abandonné un premier métier pour celui-ci. Comment gardent-ils le moral ? En se concentrant sur leur classe. A l’heure où la prime à l’efficacité l’emporte, ils sont de plus en nombreux à être tentés par les "méthodes qui ont fait leurs preuves", au détriment de l’innovation.

Voilà une donnée que Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, entend faire valoir lors de la négociation qui fera suite à la commission Pochard chargée de réfléchir à l’évolution du métier enseignant. "A un volume horaire important devant les élèves (26 heures de cours, NDLR) s’est ajouté le temps consacré à tous les dispositifs nés ces dix dernières années, insiste-t-il. D’où, sans doute, ce sentiment de trop-plein." Il ne lui a pas échappé non plus que la revendication salariale, quasi anecdotique chez les jeunes enseignants il y a sept ans, a pris de la consistance, même si elle demeure encore loin derrière des exigences plus qualitatives à l’égard des syndicats.

Agressés, pas découragés

Sans noircir excessivement le tableau, il est manifeste que ces nouveaux instits ne prêtent plus à l’école les pouvoirs que lui prêtaient les anciens. C’est même inscrit dans le paysage : désormais, les deux tiers d’entre eux estiment que "la réussite de tous les élèves est un objectif qui ne peut être atteint". Pour autant, et même si l’école a perdu une partie de sa puissance, il serait faux de croire les enseignants du premier degré découragés.

Le dernier rapport du Haut Conseil à l’éducation (HCE) les a, disent-ils, "agressés", mais leur bonheur d’enseigner ne s’en est pas trouvé entamé pour autant. Ils sont, en revanche, nombreux à avoir entendu le message : il faut se re-cen-trer sur les fondamentaux. Encore que ? Là aussi, les jeunes instits témoignent d’une étonnante résistance à l’idéologie ambiante puisqu’il se trouve encore une bonne majorité pour se déclarer en désaccord avec l’assertion selon laquelle "pour lutter contre l’échec scolaire, il faut recentrer davantage l’enseignement primaire sur le lire-écrire-compter, quitte à délaisser certaines matières". La preuve sans doute que le matraquage opéré en son temps par l’ancien ministre de l’éducation, Gilles de Robien, n’a réussi que partiellement.

Mais alors, à quoi rêvent les nouveaux instits ?

Quand il s’agit de transformer l’école, force est de constater que leur imagination n’est pas débordante. La baisse du nombre d’élèves par classe leur paraît massivement comme "la" solution. Et même loin devant une des demandes récurrentes de leur syndicat majoritaire, qui est de "doter les écoles de plus de maîtres que de classes". Seule cette mesure leur semble de nature à lutter contre l’échec, un combat qui exige une prise en charge individuelle des élèves. Des classes trop chargées leur paraissent aussi la raison majeure de l’échec, la situation sociale des familles n’arrivant qu’en deuxième position.

Une certaine permanence

De manière générale, les professeurs des écoles ont beau ne plus ressembler ni dans leurs aspirations personnelles ni dans leur allure même aux maîtres d’antan, cette photographie donne malgré tout l’idée d’une certaine permanence. Et une fois l’habit de lumière endossé, ces professeurs des écoles qui entrent dans le métier ne sont guère désireux d’en changer les bases. Ils tiennent plus que tout à leur identité professionnelle et ne sont pas désireux de ressembler à leurs collègues des collèges et lycées. Ils se montrent ainsi très attachés à la polyvalence, ne souffrent apparemment pas d’un manque de travail en équipe ou d’un "manque de concertation". Ils aiment les enfants dont l’épanouissement demeure, à leurs yeux, la première des priorités. Aux yeux mêmes de ceux qui l’exercent, la profession reste encore très désirable et là n’est sans doute pas le moindre de ses attraits.

Brigitte Perucca, Le Monde de l’éducation n°364 , décembre 2007.

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