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Suppression du samedi matin : et après ?? textes réglementaires et commentaires du SNUipp

vendredi 16 mai 2008

Samedi matin : Aides aux élèves rencontrant des difficultés d’apprentissages à l’école élémentaire

Le texte et nos commentaires en italique Depuis octobre, 8 réunions de travail entre le ministère et les organisations syndicales SNUipp, SE et SGEN ont porté sur les modalités de réaffectation des deux heures hebdomadaires libérées par la suppression du samedi matin. Elles ont balayé quatre thèmes : repérage des difficultés des élèves, dispositifs d’aides, implication des parents, organisation du travail des enseignants. Au terme de ces réunions, le ministère a présenté le 4 février dernier le texte final qu’il soumet à signature des syndicats. Le 5 février, le SE et le SGEN décidaient de signer le document. Comme à chaque fois, le SNUipp consulte les personnels sur les mesures. Afin que chacun puisse disposer de l’intégralité des infomations nécessaires et puisse ainsi donner son avis, le SNUipp fait état du contenu du texte avec ses premiers commentaires. Il appelle toutes et tous à répondre (voir en dernière page).

Principes généraux La durée de l’enseignement scolaire dans le premier degré est fixée à 24 heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles s’ajoutent 2 heures d’enseignement au maximum pour les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Ces deux heures viennent renforcer l’action des maîtres et la différenciation pédagogique qu’ils mettent en oeuvre dans la classe avec, le cas échéant, la participation d’autres maîtres, notamment les enseignants spécialisés des RASED. Par ailleurs, le service des enseignants est de 27 heures hebdomadaires dont 24 heures d’enseignement à tous les élèves et 3 heures (108 heures annuelles) spécifiquement consacrées à l’aide aux élèves rencontrant des difficultés d’apprentissage, aux travaux au sein des équipes pédagogiques, aux relations avec les partenaires de l’école, ainsi qu’à des actions de formation. Cette aide est prioritaire et nécessite une identification précise des élèves concernés, une méthodologie adaptée, une nouvelle organisation du temps d’enseignement aux élèves ainsi qu’une nouvelle organisation du travail des enseignants.

Explications et commentaires

* 24 heures pour les élèves. Deux heures en moins pour tous les élèves. Ceux « rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages » pourront bénéficier de « deux heures » hebdomadaires, au maximum, sur toute ou partie de l’année, sans adaptation des rythmes scolaires et avec, pour certains, un alourdissement de la journée scolaire. La difficulté scolaire est réduite ici aux seules difficultés d’apprentissages. L’action du RASED est mentionnée mais restreinte à la « différenciation pédagogique » au sein de la classe. Qui seront exactement ces élèves ? Seulement les 15 % en difficultés lourdes ou également les 25 % aux acquis fragiles tels que décrits par le HCE en début d’année ?

* 27 heures pour les enseignants. Temps de travail inchangé pour les enseignants, seule la répartition horaire change : « 24 heures d’enseignement à tous les élèves » et 3 heures consacrées à « l’aide aux élèves rencontrant des difficultés d’apprentissage, aux travaux au sein des équipes pédagogiques, aux relations avec les partenaires de l’école, ainsi qu’à des actions de formation ».

* Nouveaux programmes ? Baisser le volume horaire des élèves nécessite une mise à plat des programmes de l’école. Or, à quelques mois de la fin de l’année scolaire, la refonte des programmes, annoncée par le ministre, n’a fait l’objet d’aucune information et d’aucune consultation. | |

1. Le repérage des difficultés des élèves

Conformément aux règles habituelles :
- le maître de la classe effectue le premier repérage dans le cadre de l’évaluation du travail scolaire des élèves ;
- le conseil des maîtres prend les décisions et organise les aides ;
- l’IEN valide les décisions prises et assure la régulation au niveau de la circonscription. Pour ce travail, les enseignants disposent :
- des programmes du premier degré, références en matière de connaissances et de compétences à atteindre à chaque niveau ;
- d’outils personnels, de banques d’outils, mis en oeuvre dans chaque classe avec l’appui du conseil de cycle ;
- des évaluations nationales, références précises à des moments clé de la scolarité.

Explications et commentaires

Le repérage dépend du maître de la classe et c’est bien le conseil des maîtres qsui décide et organise les aides.

* Définition et évaluation des difficultés. Elles sont limitées au travail scolaire des élèves, écartant leur complexité et toute approche plus globale des élèves et de l’école. Les enseignants disposent-ils d’une formation qui leur permette d’exercer correctement repérage et analyse des difficultés ?

* RASED. Pourtant ressource possible à ce niveau il n’y a aucune mention du RASED. Ils font partie de l’équipe pédagogique et donc des conseils (articles D321-14 et 15 du code de l’éducation) dans les écoles où ils interviennent. Et les autres ?

* Cadre de référence. Pas d’information sur les nouveaux programmes, définis pour chaque niveau, ni sur les conséquences quant au contenu des évaluations nationales (CE1 et CM2). Quand les enseignants auront-ils le temps de s’approprier ce nouveau cadre de référence ?

* Le rôle de l’IEN. Présenté dans les discussions comme un recours face aux pressions qui pourraient émaner des parents, l’IEN voit aussi réaffirmer son rôle institutionnel et hiérarchique de validation et de régulation en dernier lieu. Quelle sera la marge de décision laissée aux conseils des maîtres ?| |

2. Les dispositifs d’aides Il s’agit de proposer une réponse adaptée à chaque élève, prenant la forme d’un Programme Personnalisé de Réussite Educative. Il n’y a pas de dispositif national unique, l’instance la mieux à même d’élaborer un dispositif adapté est le conseil des maîtres qui prendra appui, le cas échéant, sur l’équipe éducative. Le maître de la classe, dans le cadre de l’équipe pédagogique de l’école, met en oeuvre les aides et en assure la coordination lorsqu’il ne les conduit pas entièrement lui-même. D’autres interventions en petit groupe peuvent être mises en oeuvre, par exemple en maternelle. Il s’appuie pour cela sur l’ensemble des moyens disponibles. Le premier de ces moyens est la différenciation pédagogique dans la classe pendant les 24 heures d’enseignement dues à tous les élèves. Pour la renforcer, notamment dans l’éducation prioritaire, le maître peut être aidé, par les enseignants spécialisés, les maîtres surnuméraires, les autres maîtres de l’école dans le cadre d’échanges de services ou d’horaires décalés. Les élèves qui ont besoin d’aides complémentaires, peuvent bénéficier de deux heures d’enseignement au-delà de ces 24 heures hebdomadaires. Chaque conseil des maîtres définit, dans le projet d’école, un volet d’aide qui prévoit : le repérage des élèves, les modalités d’aides mises en place, l’évaluation de leurs effets en terme de progrès des élèves. Ces modalités peuvent évoluer au cours de l’année. Ce volet du projet d’école sera présenté au conseil d’école et validé selon les procédures habituelles. Le cas échéant, il prévoira, en relation avec les collectivités territoriales, l’articulation avec l’accompagnement éducatif. La mise en place des dispositifs d’aide peut également amener à rechercher un fonctionnement sur 9 demi-journées.

Explications et commentaires

* Comment faire pour que le nombre important de PPRE dans certains secteurs ne génère pas des inégalités d’exercice du métier ? On peut craindre que ce soient les enseignants des zones où la difficulté scolaire est la plus grande qui bénéficieront le moins de temps de concertation et de formation.

* Quel va être le contenu de la prise en charge en petits groupes ?

* Comment éviter des obligations de service différentes d’une école à l’autre, d’une circonscription à l’autre ? -** Comment articuler la prise en charge d’élèves sur le temps de service mais hors temps de classe avec ce qui existe en ce moment dans les écoles (études surveillées, contrats éducatifs locaux, PPRE…)

* Qui va négocier avec les collectivités territoriales les modifications de transport scolaire en zone rurale, d’horaires de cantine, de garderie… ? | |

3. L’implication des parents

Le dialogue avec l’enfant et ses parents est indispensable pour identifier les points d’appui permettant de conduire une action d’aide positive et efficace, pour mieux comprendre les raisons d’une difficulté qui peut n’être que passagère, pour engager chacun dans un processus de réussite scolaire. Un emploi de temps pour chacun des élèves concernés, sera présenté aux parents. L’adhésion des parents doit être systématiquement recherchée.

Explications et commentaires

* La place des parents. Reconnue à travers un décret en juillet 2006 elle n’a pas été accompagnée des conditions de sa mise en oeuvre (temps et formation). Le travail relationnel, de médiation, exige des compétences que les enseignants n’ont pas a priori appris à maîtriser. Ce travail est encore plus important quand un élève est en difficulté et il doit s’appuyer aussi sur le travail des équipes éducatives.

* L’implication des parents. L’aide aux élèves étant situé hors du temps réglementaire de classe, on s’interroge sur le caractère obligatoire ou non de cette mesure. Sera-t-elle opposable aux familles ?

4. L’organisation du travail des enseignants Au-delà des 24 heures hebdomadaires d’enseignement à tous les élèves, les 108 heures annuelles que doivent effectuer les enseignants sont réparties, selon les modalités suivantes :

- 24 heures de travaux en équipes pédagogiques et relations avec les parents, intégrant l’élaboration et le suivi des projets personnalisés de scolarisation pour les élèves handicapés ;

-  18 heures d’animation pédagogique et de formation ;

- 6 heures de conseil d’école obligatoire ;

- "60 heures consacrées à des actions directes auprès des élèves concernés et au temps d’organisation correspondant, ou à des interventions en petits groupes, par exemple en maternelle. Dans le cas où ces actions ne mobiliseraient pas tout ce temps pour un enseignant, les heures disponibles seront consacrées au renforcement du temps de formation hors la présence des élèves"

-  À l’école maternelle, ce dispositif, comme les autres dispositifs de la prévention de la difficulté scolaire, sont centrés sur la première des priorités de cette école : la maîtrise orale de la langue française. Les enseignants d’école maternelle peuvent être amenés à intervenir auprès d’élèves du cycle des apprentissages fondamentaux à l’école élémentaire.

- L’application de ces dispositions aux directeurs d’école fera l’objet d’un examen particulier. Ces éléments serviront de base pour la rédaction des textes réglementaires.

Explications et commentaires

* 24 heures de travaux en équipe pédagogiques… : c’est 6 heures de plus qu’actuellement. Le ministère intègre dans ce temps deux missions qui sont déjà effectuées par les équipes enseignantes : les relations aux parents qui sont affichées dans les obligations de service et le suivi des PPS pour les élèves en situation de handicap. Pour le SNUipp, c’est un premier pas vers la reconnaissance en temps des nombreuses charges de travail invisibles qui se font hors la classe. Mais, à l’épreuve du réel, les 6 heures annuelles feront-elles le compte ?

* 18 heures d’animation pédagogique et de formation alors que les textes ne prévoyaient jusqu’à présent que 12 heures exclusivement consacrées aux seules conférences pédagogiques. Ces 6 heures offrent une nouvelle possibilité pour la formation fortement réduite par manque de remplacement. Comment ce temps de formation s’articulera t-il avec la formation continue, avec les divers besoins et projets recensés sur le terrain ? Les formateurs et les crédits seront-ils suffisants ?

* 6 heures pour le conseil d’école : pas de modification.

* 60 heures d’aides directes auprès des élèves en difficultés : c’est la grande nouveauté du texte. Le ministère prévoit dans ce volume horaire « le temps d’organisation correspondant ». Servira-t-il pour repérer, mettre en place les dispositifs, concevoir le contenu des aides, évaluer les élèves ? Le texte globalise donc les 60 heures, à la fois, pour la prise en charge directe d’élèves et le temps de préparation et d’organisation. Cette partie renvoie la répartition horaire du dispositif entre aides et organisation au conseil des maîtres et à la validation des IEN. Quelle marge de décisions sera laissée aux équipes face à l’IEN ? L’application concrète sur le terrain sera à suivre de près afin d’éviter toute dérive autoritaire. Un renforcement de formation après la classe pourrait être envisagé, si ces actions n’utilisent pas entièrement le temps d’un enseignant. Quid de l’égalité d’accès à la formation pour tous les esneignants ? Ceux qui seront le plus mobilisés par l’aide directe aux enfants en difficulté ne verront leur possibilité de formation et d’accompagnement augmenter.

* Enseignants de maternelle : Leurs modalités d’intervention en école élémentaire auprès des élèves de cycle 2 n’est pas fixé. Qui en fera la demande ? Les IEN pourront-ils l’imposer ? Comment se fera le lien avec les enseignants d’élémentaire ? Les frais de déplacement seront-ils pris en compte ? Pour rappel, les réponses au questionnaire du SNUipp laissent apparaître que si les enseignants sont partagés pour intervenir sur un autre cycle (48,52 % contre 43,50 %), ils sont majoritairement défavorables à l’idée de changer d’école (79,12 %).

* Enseignants directeurs : ils devraient être concernés par des mesures particulières. Ne seront-ils pas concernés par les 60 heures annuelles d’aides directes ? Ce temps sera t-il affecté aux tâches administratives liées à la direction ?

* Textes réglementaires : ils seront prochainement présentés au CSE. Mais nul ne sait pour l’instant comment les mesures seront traduites dans ces textes. |

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