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LUNDI de PENTECÔTE : grève unitaire

mardi 10 mai 2005

Il y a moins de deux ans la canicule provoquait un désastre sanitaire. Environ 15 000 personnes âgées victimes. En fait la canicule mettait en évidence les carences du système de santé et de prise en charge des personnes âgées et dépendantes.

Le gouvernement, en vacances, tardait à réagir. Puis, face à l’émotion de la population, amplement justifiée, le gouvernement reprenait la main et proposait « une journée de solidarité pour assurer le financement des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées ». Dès 2005, tout salarié, public ou privé, travaillera une journée supplémentaire. Cette journée ne donnera pas lieu à une rémunération supplémentaire : en échange les employeurs verseront une cotisation correspondant à une partie de la valeur théorique de cette journée supplémentaire à une caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

La FSU et l’UNSA convient les collègues à un rassemblement le LUNDI 16 MAI à 18heures - Place St Cyran - (devant la permanence du député Hugon, qui ne devrait pas être à l’Assemblée Nationale puisque celle-ci est fermée !)

Une régression

Le gouvernement a donc fait passer la durée légale du temps de travail de 1 600 à 1 607 heures. Un texte prévoit que les salariés et leurs employeurs peuvent négocier la forme et la date de ce jour de travail supplémentaire mais qu’en l’absence d’accord local ce sera le lundi de Pentecôte. Dans les services publics la durée du travail est allongée de la même manière et la même règle s’applique avec en théorie des négociations service par service sur le choix de la journée. Pour les personnels de l’éducation c’est une journée de classe supplémentaire, pour les élèves aussi !

Encore un coup porté aux salariés. Ils seront quasiment les seuls à supporter le financement de la solidarité. Le refus d’augmenter ce que les libéraux appellent les « charges », surtout la partie versée directement par l’employeur (notre salaire indirect), prend ici une forme particulièrement brutale : une journée de travail gratuite. Ce sont globalement plus de vingt millions de journées de travail qui sont en jeu. Qu’il se traduise par la suppression d’un jour férié, le sacrifice d’un jour de RTT, des heures supplémentaires non payées, il s’agit bien de travail gratuit imposé. En cela la décision gouvernementale constitue bien une mesure de recul social. Dans un contexte de remise en cause des 35 heures, comme par d’autres mesures, le gouvernement répond favorablement aux exigences du MEDEF d’allongement du temps de travail.

Injuste

Il s’agit non seulement d’une mesure de régression mais aussi d’une mesure injuste. Cette contribution « en nature » touchera essentiellement les salariés actifs. Moins de la moitié de la population active apporte les 9/10ème de la collecte. Le profit qu’en tirera l’employeur ne sera pas reversé en totalité : la valeur d’une journée de travail équivaut à 0,5 % du salaire annuel alors que la cotisation versée par l’employeur ne sera que de 0,3 %. On peut estimer que cette journée ne coûtera aux employeurs qu’à peine plus de la moitié des salaires qu’ils auraient dû verser.

Régressive, injuste, ... et inefficace. Le Ministre de la santé lui-même le reconnaît, elle ne suffira pas ! Les 2 milliards espérés ne couvriront pas « l’étendue des dégâts » (P.Douste-Blazy), tout cela est « mal piloté et insuffisant » selon la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Comme si cela ne suffisait pas, l’argumentation idéologique, par le Premier Ministre lui-même qui met en avant la valeur travail, parle d’un « engagement personnel des français par leur travail ». Au moment où le chômage officiel touche plus d’un salarié sur 10, et alors que les profits des entreprises atteignent (eux aussi !) des niveaux records, ces relents d’ordre moral constituent une provocation. Si la production du pays a besoin de ces 20 millions de journées de travail supplémentaires, pourquoi ne pas les répartir sur 100 000 chômeurs , dont les salaires et les cotisations contribueront à renforcer les capacités de la Sécu à assumer plus de solidarité ?

Et enfin, cerise sur le gâteau, rien ne garantit que les fonds collectés, iront bien à leur destination prévue. Les règles de comptabilité qui s’appliquent sont les mêmes que pour feue la vignette automobile. Décidément, encore plus que d’une vraie mauvaise idée, il s’agit bien d’un choix d’inspiration libérale. Cela nous fait passer de la solidarité à la charité, tout en nous culpabilisant au passage.

Pour une vraie solidarité

Les dépenses en direction des malades, des retraités comme des personnes dépendantes vont croître. Inéluctablement. Par voie de conséquence, les besoins de financement de la protection sociale aussi. A l’échelle du pays, il y a deux manières d’assumer cette augmentation inéluctable : - la prendre en charge, pour tous, à égalité, d’une manière socialisée et solidaire ; - la confier à l’initiative individuelle, sur un mode « assuranciel », et ainsi ne l’autoriser qu’à ceux qui peuvent la financer.

Le gouvernement, après la contre-réforme des retraites, en même temps qu’il préparait celle sur la Sécurité Sociale, a cherché à éviter le débat. Il a choisi une augmentation de cotisation qui ne dit pas son nom, supportée quasi exclusivement par les salariés. Par la création d’une caisse spécifique, il isole une catégorie (les personnes dépendantes et/ ou handicapées), en rupture avec le principe d’une sécurité sociale universelle, commune aux différentes générations, aux bien portants comme aux malades, aux pauvres et aux riches, selon les moyens et les besoins de chacun. Comme d’autres, la FSU demande une réforme de l’ensemble du financement de l’assurance maladie et de la protection sociale. L’émergence des questions liées au handicap, au grand âge et à la dépendance montre l’urgence de traiter cette question, en lien avec un nécessaire rééquilibrage en faveur des salaires et de la protection sociale, de la répartition des richesses produites.

P.-S.

A l’ensemble des parents d’élèves

Madame, Monsieur,

La « journée de solidarité pour assurer le financement des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées » du 16 Mai est à la fois régressive, injuste et inefficace.

Régressive parce qu’il s’agit d’une journée de travail gratuite imposée, d’une mesure de recul social.

Injuste ensuite parce que les salariés seront les seuls, ou presque, à supporter le financement de cette « solidarité ».

Inefficace également parce qu’une journée de travail supplémentaire pour les élèves et les enseignants ne rapportera pas le moindre centime.

Il est aussi permis de s’interroger sur la destination exacte des fonds collectés quand on sait que les règles de comptabilité prévues sont les mêmes que celles appliquées à l’époque pour la vignette automobile !

Le choix fait par le gouvernement, qui substitue la charité à la solidarité en jouant aussi sur la culpabilisation est inacceptable.

Nous défendons une vraie solidarité et demandons une réforme de l’ensemble du financement de l’Assurance Maladie et de la Protection Sociale qui passe par une toute autre répartition des richesses produites.

Nous demandons au gouvernement l’abandon pur et simple de la suppression du caractère férié du Lundi de Pentecôte.

De son côté, la FCPE appelle les parents d’élèves à ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jour-là.

Les Fédérations de l’Education Nationale CGT-FSU-UNSA et CFDT appellent l’ensemble des enseignants à faire de ce 16 mai une journée nationale d’actions. Nous serons donc en grève ce jour-là.

Nous vous prions, Madame, Monsieur, de croire en notre détermination à développer de vraies solidarités, à œuvrer aussi au développement du Service Public d’Education.

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