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Rentrée 2011 : le livret de compétences va devenir numérique !!!!!

vendredi 21 janvier 2011

Le livret de compétences numérique sera en vigueur dans les écoles à la rentrée 2011. Il existe déjà à titre expérimental dans certains départements. Au delà des difficultés posées par sa mise en œuvre et la masse de travail que cela représentera pour les enseignants, nous vous proposons ici de faire un point sur son histoire et l’utilisation qui en est faite.

Nous n’avons pas de précisions quant aux moyens matériels et humains qui seront mis à disposition des enseignants pour cette nouvelle usine à gaz. Il faudra dans les écoles du matériel informatique performant, des connections internet qui fonctionnent à haut débit, les familles devront elles aussi être dotées de ce même matériel....ce qui, on le sait tous est loin d’être le cas !! Il faudra aussi former les enseignants à l’utilisation de ce nouveau support et surtout, du TEMPS, ce dont chacun dispose à volonté, on le sait tous ! En attendant plus de précisions, nous vous proposons une étude détaillée de cet OVNI (Outil Vain Non Identifié) :

Avant d’observer cet outil institutionnel qu’est le livret personnel de compétences et pour pouvoir en faire une analyse, il est indispensable de se pencher sur la notion de « compétences » ; nous verrons que c’est une notion dont les contours sont particulièrement flous et qui fait l’objet d’approches divergentes.

« Compétences », des approches divergentes

La recherche aujourd’hui s’efforce d’éclaircir le concept de compétences, il semble bien difficile de trouver un consensus sur la question. On peut dégager principalement l’apparition de 2 lignes de forces :

- 1- La notion de compétences est apparue dans les années 70 avec la « pédagogie par objectifs » : c’est un tournant important puisque on ne considère plus que le développement de l’enfant est dicté par l’existence de « dons » qu’il suffirait de stimuler, le postulat devient : « tout enfant peut apprendre si on l’inscrit dans une situation qui fait sens pour lui, si on l’aide à identifier et à réutiliser ce qu’il acquiert » ; on se donne donc un objectif contextualisé, et le rôle de l’enseignant devient d’essayer de créer du lien entre ce que l’élève est (ce qu’il sait, ce qu’il sait faire...) et ce qu’on voudrait qu’il apprenne à faire. Dans ce mouvement qui perdure aujourd’hui, la notion de compétence cristallise le souci de dépasser les modes de formation qui visent uniquement à la transmission des savoirs institutionnalisés ; elle est considérée comme un levier pour lutter contre la fatalité.

- 2- L’approche par compétences dans l’enseignement est vraiment apparue dans une majorité de pays de l’OCDE à travers la mise en place de socles communs et troncs communs depuis le début des années 90. Elle a particulièrement été développée dans la dernière décennie depuis la stratégie de Lisbonne. La définition de l’OCDE : « on entend par compétence une combinaison de connaissances, d’aptitudes et d’attitudes appropriées à une situation donnée ». Le rapport des Inspection Générale de l’Éducation Nationale de juin 2007 intitulé « Livrets de compétences : nouveaux outils pour l’évaluation des acquis » souligne que « l’objectif principal de la stratégie de Lisbonne est la promotion d’une économie fondée sur la connaissance. Chaque citoyen doit être doté des compétences nécessaires pour vivre et travailler dans cette nouvelle société de l’information ». Pour certains courants de chercheurs, il s’agit d’une conception de l’éducation au service de la rentabilité économique et du profit ; les compétences sont au service du développement de l’adaptabilité des individus, leur flexibilité.

Pour conclure, sur l’analyse de ce concept, une citation de P. Meirieu pourrait constituer une synthèse des différents points de vue : «  Il faut donc se méfier du concept de compétence. Utilisé sans précaution ni lucidité, il peut comporter de véritables dangers. Mais il ne faut pas, pour autant, sous-estimer tout ce que ce concept porte de positivité. Et d’abord, en tout premier lieu, il constitue un précieux levier pour lutter concrètement contre toutes les formes de fatalité. »

Petite histoire de la mise en place du LPC

- LO de 1989 : cycles à l’école maternelle et élémentaire

- Décret du 6 sept 90 : passage du bulletin au livret scolaire pour rendre compte des compétences des élèves ; un modèle officiel de livret est proposé mais non imposé (comme outil pédagogique mais aussi de dialogue avec l’élève et les familles). Mise en place des évaluations nationales début CE2 et 6e, diagnostics de compétences en français et maths ; l’évaluation perd son aspect avant tout normatif, doit permettre de repérer la progression des élèves et de réguler l’intervention des enseignants.

- 2000, stratégie de Lisbonne : Adoption d’un « cadre européen définissant les nouvelles compétences de base en technologies de l’information, langues étrangères, culture technologique, esprit d’entreprise et aptitudes sociales ».

- 2004, rapport Thélot : développe la nécessité de formaliser « un socle commun des indispensables », dont la maîtrise doit être garantie par l’école à la fin de la scolarité obligatoire.

- 2005, proposition de recommandation du Parlement européen et du Conseil, présentée par la Commission, concernant les « compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie : Communication dans la langue maternelle ; Communication dans une langue étrangère ; Culture mathématique et compétences de base en sciences et technologies ; Culture numérique ; Apprendre à apprendre ; Compétences interpersonnelles, interculturelles et compétences sociales et civiques ; Esprit d’entreprise ; Sensibilité culturelle ». Cette proposition sera adoptée le 26 sept 2006.
- LO Fillon : le Ministère de l’Éducation Nationale reprend le rapport Thélot tout en s’inscrivant dans les recommandations européennes.

- 11 juillet 2006 : décret qui fixe définitivement le socle commun. Un livret personnel de compétences pour tous de 6 à 16 ans est annoncé (sans oublier le livret de compétences pour les RAR, circ N° 2006-058 du 30 avril 2006).

- juillet 2010 : circulaires et arrêtés mettant en place le livret personnel de compétences. (arrêtés du 14 juin 2010, JO du 01 07 02010 ; BO n°27 du 08-07-2010 et mise en œuvre du LPC : circulaire n° 2010-087 du 18 juin 2010, BO n°27 du 08-07-2010)

- Rentrée 2010 : mise en place du livret numérique au collège - 2011-2012 : mise en place du livret numérique dans les écoles.

Le LPC, qu’est-ce que c’est ?

C’est un livret qui rassemble les attestations de connaissances et de compétences du socle commun. D’après les textes officiels, il doit permettre, après évaluation, de valider « de manière positive » les compétences des élèves. Elles sont mesurées à 3 étapes de la scolarité : palier 1 en CE1, palier 2 en CM2, palier 3 en 3ème. Chacune des 7 compétences du socle commun y est décomposée en « domaines », eux-mêmes déclinés en « items ». Les items sont des connaissances, capacités ou attitudes qui se combinent pour constituer une compétence. Exemples : savoir « lire un graphique », « mesurer une longueur, un angle, une durée », savoir « adapter son écrit au destinataire et à l’effet recherché » L’enseignant valide les items à une date donnée ; il valide ensuite les compétences dans le cadre du conseil des maîtres (au collège cela repose sur l’ensemble de l’équipe pédagogique). En CE1, 3 domaines sont évalués : mathématiques, maîtrise de la langue et compétences sociales et civiques. En CM2 s’y ajoutent une LVE, une partie « culture scientifique et technologique » avec les mathématiques, les TICE, la culture humaniste, et l’autonomie et initiative. S’ajoutent également différentes attestations : « Sécurité routière et porter secours » pour l’école ; « B2i et LV » pour le collège.

Pour le ministère, le livret personnel de compétences a deux fonctions : Une fonction pédagogique 1. Il valorise les acquis de l’élève. 2. Il retrace la progression de l’élève de l’école à la fin de la scolarité obligatoire. 3. Il fait ressortir le lien entre les disciplines. 4. Il facilite l’articulation entre l’école et le collège, puis entre le collège et le lycée. Une fonction institutionnelle Il atteste la maîtrise des compétences du socle commun pour les examens (diplôme national du brevet, certificat de formation générale.) Il doit également servir de support pour le lien avec les familles ; une copie doit leur être remise en CM2 et en 3ème ; des attestations intermédiaires peuvent être remises en cours d’année.

Quelques réflexions sur la situation actuelle

- Mise en place décidée sans qu’aucun temps d’appropriation ne soit prévu. A ce jour, des documents pédagogiques d’accompagnement existent pour le seul palier 3. A l’initiative d’IEN le plus souvent, des collègues dans certaines écoles ont entamé un travail de réflexion.
- Manque de cohérence entre les différents « outils » institutionnels Notamment le rapport des IGEN souligne que « Les fonctions et les procédures d’utilisation du LCP et du livret RAR se superposent et parfois s’opposent ».
- Et le livret numérique ? Il est mis en place de façon expérimentale cette année au collège et un module pour le primaire est prévu pour la rentrée prochaine. Alors que l’idée de départ était de produire un livret national identique pour tous, des expérimentations sur différents livrets numériques sont en cours.

Comment engager le débat pour plus de lisibilité sur les enjeux des compétences et leur évaluation ? Nous devons nous interroger sur son utilisation, ainsi que sur le lien entre les livrets numériques et le traçage du parcours des élèves et l’application Base-Elève. Deux colloques sont programmés : - par la FSU les 09 et 10 février 2011à Paris : Contenus et compétences - par le Snuipp le 08 avril 2011 à Lyon  : Evaluations, pour qui ? pour quels usages ? quelles finalités ?

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