SNUipp-FSU de l’Indre
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CPE : La bataille ne fait que commencer : prochaine manisfestation le samedi 18 mars
Loi d’égalité des chances : une machine à exclure
mercredi, 15 mars 2006

Fin février, le gouvernement a imposé son projet de loi sur l’égalité des chances qui comporte le CPE et l’apprentissage à 14 ans. Bel euphémisme pour un texte appelé à pousser hors de l’école un nombre grandissant de jeunes en difficulté.

À l’Assemblée le 9 février, comme au Sénat le 28, le gouvernement aura choisi de passer en force. Ici à coup de 49.3, là en utilisant une procédure empêchant toute discussion sur les amendements proposés par les parlementaires, il a fait adopter sans y apporter beaucoup de changements, son projet de loi sur l’égalité des chances et le point le plus controversé du texte, l’article portant sur la création du Contrat Première Embauche (CPE). Avec le sens de l’écoute qui le caractérise, le gouvernement sera donc resté sourd aux multiples protestations. La FSU avait appelé « tous les personnels à être dans l’action le 7 février avec les jeunes et les autres salariés pour le retrait du CPE ». Ces manifestations avaient connu une grande ampleur. Estimant que « la bataille contre le CPE concerne tous les salariés menacés par la remise en cause du Contrat de Travail et du CDI, qu’elle est en même temps en relation avec la lutte pour une école de la réussite pour tous », la FSU appelait pour le 7 mars ) à la réussite de la grève et des manifestations partout.

Le gouvernement avait espéré que les vacances d’hiver atténueraient la mobilisation. Il n’en a rien été, notamment chez les jeunes et les étudiants qui, avec leurs organisations syndicales, ont manifesté tout au long du mois de février dans les grandes villes du pays contre ce contrat à durée indéterminée, réservé aux moins de 26 ans (dans les entreprises de plus de 20 salariés), assorti d’une période de deux ans au cours de laquelle l’employeur peut licencier le salarié sans avoir à justifier sa décision.

Le CPE, qui fait de la précarité un passage obligé pour tous les jeunes entrant dans un parcours professionnel, « rétroagit sur l’école », expliquait fin janvier Gérard Aschiéri, secrétaire général de la FSU. « Si ce n’est pas son unique objectif, l’école forme les jeunes dans la perspective d’accéder à un emploi. Faire savoir que, quels que soient leurs efforts, tous en passeront par la précarité, altère forcément leur appétit à être formés ».

D’autres mesures contenues dans la loi sur l‘égalité des chances risquent aussi de ne pas être sans incidence sur le système éducatif. Le fameux contrat d’apprentissage junior, accessible dès 14 ans, traduit la volonté du gouvernement de déscolariser de manière précoce les jeunes en difficulté, premiers visés par la mesure, et d’abaisser l’âge de la scolarité obligatoire de 16 à 14 ans. Ainsi, se trouve « institutionnalisé » le renoncement à faire accéder certains élèves à une culture commune obligatoire pour tous.

Le texte prévoit aussi la mise en place d’un « Contrat de responsabilité parentale ». Il sera proposé aux parents en cas « d’absentéisme scolaire, de trouble porté à l’établissement ou de toute difficulté liée à une carence de l’autorité parentale ». Le contrat prévoit des mesures de rétorsion, telles que la suspension du versement des allocations familiales ou l’application d’une contravention. Face aux familles en difficulté, le gouvernement n’apporte pour toute réponse que la répression. Le fait que l’école soit amenée à signaler les familles en difficulté risque de détériorer la confiance école-famille dont on connaît toute l’importance pour la réussite scolaire. Les enfants en difficultés sociale, économique, familiale, loin de bénéficier à l’école d’un dispositif faisant avancer l’égalité des chances, risquent fort de se trouver poussés sur la voie de l’exclusion...

Pour toutes ces raisons la FSU demande à chacun de rester mobilisé pour faire reculer de projet de société qui nous ferait revenir à l’âge

Une manifestation est prévue le SAMEDI 18 MARS