SNUipp-FSU de l’Indre
http://36.snuipp.fr/spip.php?article187
Direction d’école : Le SNUipp-FSU ne signe pas le protocole.
mardi, 16 mai 2006

La consultation nationale sur le protocole organisée par le SNUIPP-FSU, la seule organisation à l’avoir fait d’ailleurs, a recueilli près de 15 000 réponses. Parmi elles, 61% des personnels désapprouvent la signature du protocole, 34% l’approuvent et 5% s’abstiennent.
Suite à son Conseil National, le SNUIPP a donc décidé de ne pas signer le protocole.
Parmi les mesures contenues dans le protocole, les temps de décharge pour les directeurs des écoles de quatre classes et la décharge exceptionnelle de "rentrée scolaire" ont reçu l’approbation des personnels. De même, l’aide juridique destinée à préciser "les responsabilités, obligations et compétences" des directeurs d’école à l’égard des élèves, des personnels, des parents d’élèves et des partenaires de l’école a été reçue favorablement.
En revanche, les deux tiers des réponses expriment un refus de nouveaux EVS (emplois vie scolaire) dans les écoles et jugent réellement insuffisante la revalorisation de l’indemnité de sujétion spéciale.

Les raisons d’un vote ...

- 1/4 de décharges pour les écoles à 4 classes : L’attribution d’un quart de décharge dans les écoles de 4 classes et l’aide au travail administratif constituent certes, une reconnaissance du bien fondé des demandes des écoles, et peut être une proposition alléchante, mais tentons de voir plus loin.

Ces mesures ne sont assorties d’aucune créations de postes et remettent en cause la formation continue et initiale des enseignants car ces décharges seraient assurées par des PE2.

Cela leur amputerait une période de 3 semaines de stage en responsabilité qui sert actuellement de moyen de remplacement aux titulaires partant en formation continue. Ce serait un nouveau coup porté à la formation continue sur le temps de travail.

Quant à la formation initiale, cette proposition de « stage filé » est conçue avant tout dans un aspect purement utilitariste, d’économie de moyens. Moins les PE2 sont à l’IUFM, moins les besoins en formateurs apparaissent.

Les PE2 qui représentent un vivier important ne doivent pas devenir des moyens d’enseignement pour combler les postes vacants. De plus, la présence accrue sur le terrain ne peut, seule, garantir une formation professionnelle de qualité.

Pour finir, cette nouvelle organisation amène à poser un certain nombre de questions :

- Recrutement d’EVS pour l’aide administrative : Voilà certainement la mesure la plus inacceptable car le statut des EVS participe à un renforcement de l’emploi précaire dans la Fonction Publique.

Après les aides éducateurs et les assistants d’éducation, les emplois d’EVS ont une durée de 6 mois renouvelables jusqu’à un maximum de 24 mois et sont licenciables sans motifs ! Rémunérés au SMIC horaire pour 20 à 26 heures hebdomadaires ( 600 à 700 € nets ), ils ne peuvent prétendre à aucune formation et aucune perspective de titularisation n’est envisagée.

Le ministère prévoit-il de faire supporter un accompagnement de ces personnels en recherche d’insertion par les directeurs ?

Inacceptable également les modalités d’embauche qui associe le directeur au recrutement de ces personnels : Prenons garde à ne pas transformer nos directions d’école en agents recruteurs de personnels, premiers pas vers l’autonomie des chefs d’établissements, vers l’EPLE.

À l’heure des batailles menées et gagnées contre le CPE, le recours à l’emploi précaire sans perspective (si ce n’est faire baisser les chiffres du chômage) est inacceptable.

- Revalorisation financière : Cette revalorisation financière de 20 % devrait atteindre ... 15 € par mois : Aumône ? Provocation ? En tout cas, cette mesure ne répond en rien aux attentes des équipes pour le fonctionnement des écoles.

- 2 jours de décharges à la rentrée pour les écoles non déchargées : Ces 2 jours de décharges se feront sur le quota des personnels remplaçants. Quand on connaît le problème du remplacement dans notre département....on frémit pour cette mesure.

En conclusion, le SNUipp demande l’ouverture de nouvelles discussions avec le Ministère. Des rencontres avec la profession doivent permettre de définir de nouvelles modalités d’actions pour la poursuite de la grève administrative. D’ores et déjà nous rencontrons prochainement l’IA et le directeur de l’IUFM académique et celui de Châteauroux.

Ont refusé de signer : SNUipp-FSU, SNUDI-FO, UNSEN-CGT, SGEN-CFDT

A signé : SE-UNSA