SNUipp-FSU de l’Indre
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Quand une rectrice s’empêtre dans les mauvais coups…
vendredi, 24 juin 2011
/ Sophie Grenon

Surfant sur les propos aux relents nauséabonds du ministre C.Guéant, la nouvelle rectrice nommée le 15 avril 2011 s’est fait connaître d’entrée de jeu. Allez on ne résiste pas, petits morceaux choisis de son interview du 14 juin à la Nouvelle République : «  Deux tiers des enseignants sont dans leur établissement depuis plus de 6 ans, l’autre tiers, ce sont des étoiles filantes. Ces enseignants, tout en faisant très bien leur travail, sont dans une routine, sans esprit d’innovation. » « Ici, je trouve que, globalement, l’Éducation nationale est trop maternante et pas assez paternelle pour donner quelques coups de pied au derrière ! » « Si on enlève des statistiques les enfants issus de l’immigration, nos résultats ne sont pas si mauvais ni si différents de ceux des pays européens. » « Ce qui m’étonne c’est que, quand il y a grève dans une cantine privée, les parents s’organisent pour assurer la surveillance. Donc ils paient et s’impliquent davantage que dans le public. »

Nous, nous pensons que le pire quand on dit des horreurs, c’est de vouloir se dédouaner en disant « J’ai pas dit ça ! C’est pas moi ! » Et c’est bien ce qui se passe ! Cette charmante rectrice a même envoyé un mail ce matin à tous les personnels de l’académie d’Orléans-Tours sur leur boîte professionnelle pour se justifier ! On rêve ! Il faut dire, entre temps, le 21 juin, tout le fichier audio de cette fameuse interview (où elle n’avait pas dit ça !) a été mis en ligne par la République du Centre et l’on entend bien ces propos et d’autres tout aussi hallucinants pour un représentant de la République : « qu’ils [les jeunes issus de l’immigration] utilisent cette intelligence pour faire des mauvais coups, c’est dommage »

Nous rappelons que toute statistique élaborée sur des bases ethniques est interdite et que toutes les études sérieuses montrent que l’échec scolaire est fortement corrélé à l’appartenance sociale, et non directement à l’origine des élèves. Et ce n’est pas la politique aveugle de suppressions de postes qui arrangera la situation.

Qu’en ces temps de banalisation de la xénophobie à des fins électoralistes, une rectrice, fonctionnaire de l’Etat, affirme, dans l’exercice de ses fonctions, un soutien politique au gouvernement en place en déclarant : « je représente un gouvernement dont la politique me convient. Je fais des économies d’emploi » est tout simplement inadmissible.

Nous déplorons qu’elle utilise ainsi sa fonction et son énergie pour porter de mauvais coups à l’Ecole mais aussi à ses personnels qu’elle stigmatise en les accusant dans le même temps « de ne pas se décarcasser dans le sens où ils ne sont pas dans un esprit d’innovation » et en exprimant son « agacement » face aux difficultés qu’ils expriment, les intéressés apprécieront !! Sur ce terrain aussi, au lieu d’aider les personnels dans leur mission, elle fait preuve d’une totale irresponsabilité en contradiction avec sa fonction, provoquant la colère des enseignants qui ont pris connaissance de ses propos. En indiquant que « l’Education Nationale est trop maternante », qu’elle «  manque de caractère paternelle et de coup de pieds dans le derrière  » , elle manifeste une conception curieuse, héritée d’un lointain passé, concernant la gouvernance de l’Education Nationale.

Non, vraiment, avec tous ces gens, on a pas fini de s’énerver ou de rire…quoique

Vous trouverez ici la déclaration de la FSU en CTPA hier :

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