SNUipp-FSU de l’Indre
http://36.snuipp.fr/spip.php?article93
Direction d’école
Consignes syndicales / Un ministère aux abonnés absents !
mardi, 30 août 2005

Muet comme une carpe le Ministère depuis la mi-avril. A croire que F. Fillon est parti avec le dossier !

Les dernières propositions faites par le Ministère, dont le détail figure ci-dessous, ont reçu un avis très négatif de la profession. Le SNUipp/Fsu et le SGEN/Cfdt ont rendu public les résultats de la consultation de la profession dans un communiqué commun daté du 13 avril (voir post-scriptum).

Depuis, plus aucune nouvelle des services du Ministère. Et pourtant, ce même Ministère, en ouverture des discussions de l’hiver 2004-2005, déclarait être très gêné par la grève administrative et souhaitait « vouloir mettre fin au conflit, qui dure depuis plusieurs années, et que les directeurs soient mieux reconnus, avec les difficultés qui sont les leurs ».

Pour rappel : Une table ronde a eu lieu au Ministère en janvier 2005, d’autres réunions ont suivi en février et mars, qui ont permis de faire bouger les propositions ministérielles en matière financière, mais le ministère se refuse toujours à aborder l’extension de l’attribution de temps de décharge. Il a précisé qu’il n’irait pas au-delà en matière indemnitaire et qu’il liait l’attribution de ces mesures à l’arrêt de la grève administrative.

Le SNUipp est intervenu pour rappeler qu’il fallait traiter simultanément la question de la direction et celle du fonctionnement de l’école. Il a rappelé que la question du temps était prioritaire pour les personnels.

LES DERNIERES PROPOSITIONS MINISTERIELLES (Mars 2005) :

- Décharges de service :

Elles n’entrent pas dans le cadre de ces discussions. Le Ministre s’engage cependant à respecter l’engagement d’attribuer un quart de décharge de service pour toutes les directions d’école de 5 classes, à la rentrée 2005.

Il restait à la rentrée 2004 environ 450 écoles de 5 classes (sur 6750) qui ne bénéficiaient toujours pas de décharge. La mise en place de ce quart de décharge représente une centaine de postes à prélever sur une dotation de 700 postes au budget 2005. 24 départements sont concernés. Dans un contexte où il faudra accueillir 45.000 élèves de plus, ce ne sera pas sans poser des problèmes lors de la préparation de la carte scolaire.

- Bonifications indiciaires :

Les écoles de 10 classes et plus bénéficieraient d’une revalorisation indiciaire.

Celle-ci passerait de 40 à 50 points d’indice (soit une augmentation de 36,10 € par mois).

- Mise en place de 5 groupes de travail pilotés par la DESCO :

- Le métier de directeur : quelles responsabilités ? quelles missions ?
- Les relations du directeur avec les collectivités locales ?
- Quel accompagnement pour les écoles rurales ?
- La mise en place de la base élève du 1er degré et allègement des charges administratives.
- La formation des directeurs. Les modalités de ces groupes de travail restent à définir.

- Prime de première fonction en suspens : Pour les petites écoles de moins de 5 classes, les directeurs prenant leur fonction (et n’ayant jamais été directeur auparavant), une prime de première prise de fonction de 1000 € serait versée. En contrepartie, ces directeurs s’engageraient à rester 3 ans sur le poste. 2000 à 3000 collègues pourraient être concernés la première année du versement de cette prime. Cette prime pourrait être abandonnée et son montant transformé en une majoration de l’indemnité de charge administrative.

- Indemnité de charge administrative : Elle pourrait être augmentée de 175 € par an, pour atteindre 1100 € (voir tableau) ; pour les ZEP : + 210 €.

ATTENTION ! Toutes ces propositions étant assorties d’une sorte de chantage à l’arrêt de la grève administrative, elles restent pour l’instant sans suite.

CE QUE LE SNUIPP REVENDIQUE, CE QU’IL PROPOSE A LA PROFESSION DE PARTAGER :

(Extraits du Congrès National du SNUipp à Seignosse Juin 2004)

Le Congrès, tout en constatant le rôle de référent du directeur, s’est prononcé contre une fonction de supérieur hiérarchique avec ou sans statut et a lié le dossier de la direction avec celui du fonctionnement de l’école. Il faut :
- Du temps supplémentaire pour la direction (pour toutes les écoles avec un minimum d’une demi-journée) et le fonctionnement démocratique des écoles dans tous ses aspects : administratif, organisationnel, pédagogique...
- Une reconnaissance institutionnelle du Conseil des maîtres comme l’instance de décision au sein de l’école.
- Une définition claire des tâches assignées, un allègement significatif de celles-ci.
- La création des postes administratifs (secrétaires, comptables, documentalistes ...).
- L’équipement nécessaire (lignes téléphoniques directes, appareils sans fil, répondeurs, fax, ordinateurs avec connexion Internet, appareils de reprographie performants).
- Le renforcement de la formation, incluse dans la formation initiale et continue (module travail en équipes, fonctionnement et direction de l’école), ouverte à tous en formation continue.
- L’amélioration des bonifications indiciaires.

Le SNUipp considère comme erronée l’idée suivant laquelle l’attribution de ces moyens est indissociablement liée au statut de « chef d’établissement » qu’il récuse totalement. Le travail en équipe exige une nouvelle définition de la fonction « direction d’école ».

Le congrès revendique du temps de concertation inclus dans le temps de service pour la concertation entre les maîtres, mais aussi pour la transmission de l’information. Ce temps dégagé permettra une meilleure définition des responsabilités de chacun au sein de l’équipe pédagogique.

SE DONNER LES MOYENS. FAIRE PREUVE DE VOLONTE. DEVELOPPER ENSEMBLE LA « GREVE ADMINISTRATIVE » : Si aujourd’hui dans l’Indre, toutes les écoles de 5 classes bénéficient d’1/4 de décharge hebdo (ce devrait être le cas partout en France à cette rentrée), si l’indemnité de charge administrative a été revalorisée et harmonisée en 2003, c’est bien à l’action collective et durable dite de « grève administrative » que nous le devons.

Il est évidemment hors de question d’en rabattre en la matière mais plutôt de renforcer l’action. C’est à cela que le SNUipp appelle l’ensemble de ses collègues directeurs(trices) et adjoints.

Quant aux pressions plus ou moins importantes mises par les IEN sur le thème « Vous êtes la seule école à ne pas avoir répondu », c’est de l’intox et rien d’autre.

Le chemin à parcourir est donc encore long pour rendre la fonction attractive, donner les moyens à tous les collègues qui le souhaitent d’exercer une fonction indispensable au fonctionnement harmonieux des écoles dégagé de toute pression hiérarchique.

L’heure est donc à une prise en compte plus collective, au renforcement du rôle du Conseil des Maîtres, en un mot à plus de cohésion encore, tout simplement parce que c’est le fonctionnement de l’école qui est en jeu.

CONSIGNES Direction d’école

La grève administrative ne peut avoir pour conséquence de pénaliser les élèves ou les enseignants.

Les directeurs et les conseils des maîtres ne chôment pas pendant la grêve administrative.

En effet, ils effectuent leur travail habituel mais ils interrompent toute communication avec l’administration (IEN, IA...) et limitent au strict nécessaire celles avec les collectivités territoriales (commune, conseil général, ...) sauf en ce qui concerne la santé et la sécurité des élèves et la situation des adjoints (ex. congé maladie). Dans un premier temps, le SNUipp invite l’ensemble de ses collègues directeurs à faire des réunions de pré-rentrée un temps revendicatif, collectif, une tribune pour interpeller vigoureusement l’administration départementale.
- Blocage des enquêtes de rentrée, dites légères. Pas de transmission par courrier électronique.
- Blocage des enquêtes lourdes (les renvoyer au SNUipp).
- Blocage des prévisions de cartes scolaires pour la rentrée 2006 sauf pour les écoles souhaitant une ouverture qui transmettront.
- Refus de participer aux réunions diverses commissions d’entretien hors temps de travail ou non remplacées sur le temps de travail.
- Refus de transmission des différents comptes-rendus (conseil des maîtres, conseil d’école...).
- Blocage des effectifs entrant en 6ème.
- Blocage des évaluations CE2.

ACTION UNITAIRE en préparation

Le SNUipp, le SGEN et le SE ont tenu une réunion commune le lundi 11 juillet. Les 3 organisations se sont mises d’accord sur un communiqué appelant à la poursuite et à l’amplification de la grève administrative. Elles ont également co-signé un courrier en direction du nouveau Ministre de l’Education Nationale ; la balle est dans son camp. D’ores et déjà, le SNUipp et le SGEN ont acté le principe d’une journée nationale d’action « Direction et Fonctionnement de l’Ecole » au cours du mois de Septembre. Confirmation et détails dans le prochain bulletin.

COMMUNIQUE DE PRESSE SNUipp/FSU - Sgen-CFDT

Direction et fonctionnement de l’école : Le fossé se creuse

Mercredi 12 Avril, les organisations syndicales du premier degré réagissaient aux propositions du Ministère concernant la direction d’école. Ces propositions se résument à une augmentation des indemnités et bonifications, une mise en place d’un groupe de travail et la fin de l’attribution des décharges dans les écoles à 5 classes.

Le SGEN-CFDT et le SNUipp-FSU ont fait état des résultats de la consultation qu’il ont organisée dans les écoles. Parmi les 5 204 réponses dépouillées à ce jour (soit 10 % des écoles maternelles et élémentaires), l’appréciation est très largement négative : près de 9 collègues sur dix jugent « pas vraiment satisfaisante » ou « pas du tout satisfaisante » l’augmentation de l’indemnité de charges administratives et l’augmentation des bonifications indiciaires.

Dans l’ordre des priorités, 52 % d’entre eux placent la revendication du temps supplémentaire au premier rang de leur préoccupation. Ensuite viennent l’amélioration de la rémunération (21,17 %) et la simplification administrative (7,39 %).

Ces chiffres confirment l’appréciation de nos deux organisations vis-à-vis des propositions ministérielles : elles n’apportent pas de solution satisfaisante aux problèmes criants de la direction et du fonctionnement de l’école. D’ailleurs 81 % des enseignants consultés sont favorables à la poursuite d’actions dont la grève administrative.

Le SNUipp et le SGEN ont donc refusé de signer cet accord proposé par le Ministère. Ils renouvellent leur demande d’ouvrir de véritables négociations qui ne fassent pas l’impasse sur la question du temps pour la direction et le fonctionnement de l’école. Le message des personnels et de leurs organisations est sans ambiguïté : le Ministère doit l’entendre.

PARIS, le 13 Avril 2005.