SNUipp-FSU de l’Indre
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Compte rendu de l’audience SNUipp académique - Recteur
mardi, 30 août 2005

Les 6 secrétaires départementaux du SNUipp de l’Académie Orléans-Tours [F.MISSA (18), P.JUMEAU (28), B.NICOLAS (36), P.AGARD (37), S.RICORDEAU (41) et T.BERTHELEMY (45)] ont été reçus par Monsieur le RECTEUR, M. PLAUD (secrétaire général), M. FORT (secrétaire général adjoint) et M. DEMORTIER (Directeur de cabinet).

Nous avons souhaité aborder avec M. le Recteur, que nous ne savions pas en partance, l’ensemble des dossiers concernant l’école en cette fin d’année scolaire : Carte scolaire (moyens), notre demande nationale de collectif budgétaire, la mise en place de la LOLF, les mutations (ineat-exeat), l’ISSR,...

LA PRESENTATION DE M. LE RECTEUR :

Le contexte de la LOLF ne fait que conforter la tendance de ces dernières années qui donnait déjà au Recteur un rôle de pilotage (enveloppes rectorales réparties ensuite dans les départements).

Son souhait est de réduire les écarts entre les départements de l’Académie qui sont le résultat des pilotages purement départementaux. L’Etat doit jouer un rôle de péréquation entre les départements. Si la décentralisation est une bonne chose, il faut éviter les gros écarts qui résultent des différences de revenus, de moyens.

Sur le rôle des Inspecteurs d’Académie qui paraît avoir perdu un peu d’influence, le Recteur a la volonté de mener avec eux une politique académique concertée.

Il indique aussi que le nouveau Ministre de l’Education Nationale organisera le 25 août à Amiens un séminaire qui réunira l’ensemble des Recteurs, des I.A. et des I.A. adjoints.

Il retient, pour finir, l’idée de rendez-vous réguliers avec le SNUipp, ce que nous lui demandions. Ce sera donc avec son successeur (voir post-scriptum).

CARTE SCOLAIRE - MOYENS - HAUSSE DES EFFECTIFS :

En illustrant notre propos des exemples du Loiret, du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire notamment, nous avons fait la démonstration que les postes attribués à l’Académie (et répartis dans les départements) étaient d’une insuffisance plus que préoccupante, dégradant considérablement les conditions de scolarisation, provoquant également une chute vertigineuse de scolarisation pour les plus petits.

Le Recteur confirme évidemment les hausses importantes d’élèves dans l’Académie et botte en touche en évoquant le prochain budget de l’Education Nationale, rentrée 2006 donc !

Pour nous dire quand même ses craintes d’annonce de retraits d’emplois -2000 !

Le 2nd degré pourrait perdre 3000 emplois, le 1er degré gagner 1000 emplois pour suivre la démographie !

LA MISE EN PLACE DE LA Loi Organique relative à la Loi de Finance

 : Notre demande est celle d’une totale transparence, aussi bien au plan académique que départemental.

Le « Monsieur LOLF » du Rectorat est M. FORT, Secrétaire général adjoint.

Le Recteur a répondu positivement à notre demande d’information des instances paritaires CTPA et CTPD notamment, mais on sent bien à travers sa grande prudence oratoire que ce ne sera pas si simple. La discrétion de M. FORT confirme notre sentiment.

Il apparaît évident qu’il faudra, dans chaque département, faire preuve d’insistance pour obtenir les moyens d’un contrôle par et pour la profession.

LES MUTATIONS (INEAT-EXEAT) :

En résumé (par M. PLAUD), ce que nous savions déjà : l’Académie est excédentaire, les frontières (dans le sens de l’entrée) sont fermées, nous sommes en situation de blocage préoccupante et il n’est pas question de lâcher quoi que ce soit !

Nous avons rappelé à nos interlocuteurs qu’ils s’asseyaient sans vergogne sur les textes réglementaires (circulaire ministérielle sur les mutations) et qu’ils plaçaient ainsi de nombreux collègues dans des situations intenables. Ce que nous contestons c’est, avant tout, l’intransigeance du Rectorat qui ne laisse aucune marge aux départements.

Nous avons aussi insisté sur la totale responsabilité des « prévisionnistes » du Ministère en matière de calibrage des concours.

Les très importants recrutements sur Liste Complémentaire de ces dernières années allaient d’évidence conduire à cette situation très conjoncturelle. Les « erreurs » étant payées par les collègues.

On nous a alors expliqué (M. PLAUD) que les difficultés étaient énormes pour prévoir les départs à la retraite (incidence Loi de Janvier 2004) !, que les nouvelles quotités de temps partiels bousculaient aussi les prévisions et que, « cerise sur le gâteau » (M. PLAUD toujours), il fallait limiter les recrutements.

On croit rêver. C’est justement la limitation des places mises au concours qui a conduit à cette situation avec la volonté (qui relève de l’obsession comptable) d’être partout en parfait équilibre postes-personnels !!

En conclusion, nous avons affirmé notre volonté de voir les situations les plus difficiles réexaminées dans les CAPD dans la période de rentrée.

Indemnité de Sugession Spécifique de Remplacement :

Il nous a été assuré qu’il n’y avait pas de volonté de tailler dans le vif. Le souci est celui d’une harmonisation des pratiques départementales pour en venir à une certaine « orthodoxie » et en finir avec l’hétérogénéité constatée.

Cette harmonisation est le fruit de 2 groupes de travail menés par M. FORT avec les I.A.

Nous avons rappelé qu’il n’y avait pas plusieurs méthodes mais une seule, le respect des textes fondateurs de l’ISSR et des différentes circulaires et notes qui ont suivi. De ce point de vue, plusieurs points font débat et seront forcément conflictuels dans le courant de l’année scolaire qui vient.

Il n’a guère été possible de rentrer dans le détail, nos interlocuteurs se montrant incapables de le faire ! (ou ne voulant pas).

LES ZEP-REP :

Nous avons fait part de nos inquiétudes quant au mutisme complet du Ministère sur le dossier et aux effets dévastateurs de mesures de carte scolaire touchant les écoles de ces zones.

Aucune réponse du Recteur qui s’est contenté de confirmer que « le Ministre n’avait rien dit ».

LES RASED :

Une phrase ambiguë et inquiétante du Recteur nous disant qu’il engageait une réflexion avec ses IA sur « une meilleure affectation des personnels ». A nos demandes d’explication, aucune réponse.

LANGUES VIVANTES :

M. le Recteur s’est réjoui d’avoir réactivé le comité académique de pilotage des langues (en sommeil depuis 4-5 ans). Il souhaite un développement important de l’apprentissage des langues, dresser une carte de l’académie et favoriser les échanges fréquents entre écoles et collèges.

Si l’Académie est « bonne en habilitation » (quantité et qualité), il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas d’évaporation !

Décodé : que tous les habilités n’enseignent pas en maternelle !

Pour finir, il s’est dit convaincu qu’il « fallait y aller progressivement » mais que « le 1er degré devait sortir d’une certaine frilosité ».

Nous avons, de notre côté, attiré son attention justement sur la nécessité d’une progressivité à un rythme permis par la Formation Continue et par la Formation Initiale. Nous lui avons fait part aussi de notre opposition à la multiplication des postes fléchés.

DISPOSITIF C.A.E. (SUITE DES C.E.S.) :

Un scoop du Recteur. Le gouvernement aurait décidé la création de 35.000 CAE (contrats aidés) pour l’Education Nationale dont 30.000 pour le scolaire et 5000 pour le supérieur.

Tous les CES seraient réembauchés.

Selon lui, nous allons retrouver la dynamique des aides-éducateurs. Le financement sera totalement assuré par l’Education Nationale.

Nous lui avons rappelé que si effectivement l’Education Nationale manquait de bras, nous contestions cette politique toujours aggravée de l’emploi précaire et que la priorité à l’emploi affirmée par le 1er Ministre prenait un bien mauvais sens.

Recteur de l’Académie Orléans-Tours : Un an et puis s’en va ! M. Lacroix avait pris ses fonctions de Recteur de notre Académie à l’été 2004 en remplacement de M. Nique.

M. Lacroix devient directeur du CNED.

Si l’expérience montre que les postes de Recteur ne sont pas parmi les plus stables, le départ et le remplacement de M. Lacroix, officialisés fin juillet, laissent un brin songeur.

Comment peut-on croire dans ces conditions à la moindre continuité de la politique rectorale ?

Même si un Recteur ne travaille pas seul, la maîtrise des nombreux et complexes dossiers dont il a la charge ne s’acquiert pas en 5 minutes, quelques mois ne sont pas de trop.

La nouvelle Rectrice de l’Académie Orléans-Tours s’appelle Mme Claire LOVISI. Elle était depuis 2003 en poste à Dijon.

Très vite dans la période de rentrée, le SNUipp de l’Académie demandera à être reçu pour reprendre le dialogue avec elle, là où nous l’avions laissé (voir compte-rendu de notre audience du 6 juillet) avec son prédécesseur.